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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 06:40

Le « burn-out » est un épuisement anxio-dépressif. Autrement dit, le syndrome du « burn-out » est un état d’épuisement (état de fatigue extrême) au niveau physique, psychique et émotionnel qui s’installe après un effort continu et excessif, des exigences trop grandes pour être satisfaites ou après une lutte vaine contre des abus (impuissance acquise contre le harcèlement moral ou « mobbing ». Le concept a été utilisé pour la première fois dans les années 70 par le psychanalyste américain Herbert J. Freudenberger.

 

Burn-out 06

 

Le syndrome de l’épuisement anxio-dépressif (burn-out) vu par un consultant en entreprise, Johannes Czwalina : (tirage préliminaire du chapitre « Burn-out », extrait du livre de Johannes Czwalina « Der Markt hat keine Seele – Zwischen Leistungsdruck und Lebensqualität - le marché n’a pas d’âme - Entre la contrainte du rendement et la qualité de la vie, lequel est paru au printemps 2001 aux Editions « Frankfurter Allgemeine ». (Journal ASMAC 2/2001)

 

Parmi tous les drogués, c’est le drogué du travail qui jouit du plus grand prestige. Et fait remarquable : notre économie a absolument besoin de ce type de drogué. A l’heure actuelle, les chances de trouver un emploi sont particulièrement favorables à un nombre de plus en plus grand de personnes qui portent en elles les stigmates, identifiables (pour l’œil exercé) de cette dépendance.

 

Les symptômes du « burn-out » ont toujours existé, en revanche ce qui est nouveau, c’est qu’ils se propagent à la manière d’une épidémie. Chacun sait que les machines ont besoin d’être examinées, entretenues, nettoyées, revues, afin que leur capacité de production puisse être maintenue et améliorée. Mais que l’être humain nécessite plus de soins pour conserver sa capacité de performance, c’est ce qu’oublient la plupart des gens. Ils s’étonnent quand, brusquement, tous les signaux lumineux se mettent à clignoter, par exemple sous la forme d’un sentiment d’épuisement complet et d’un vide mental, accompagné d’épuisement physique et d’un cortège de symptômes : inhibition (autocensure), anxiété, dépression, insomnie, nervosité, manque d’appétit, manque de concentration, irritabilité, etc. Le syndrome d’épuisement anxio-dépressif chronique est un tableau clinique complexe qui peut entraver massivement, souvent des années durant, la capacité de performance et la qualité de vie des sujets qui en sont atteints.

 

Le « burn-out » est une manifestation symptomatique de la phase tardive de notre société axée sur le rendement, résultat non seulement d’un engrenage de plus en plus puissant, mais aussi d’une déferlante d’informations simultanées que l’on ne parvient plus à traiter. Ce qui frappe en l’occurrence, c’est que les drogués du travail ne se rendent pas compte de leur maladie. Ils se mettent de plus en plus de tâches sur le dos, car il leur faut une provision de travail toujours renouvelée. Leur manière de travailler se caractérise par une précipitation et un manque de concentration de plus en plus marqués. Il en découle des heures supplémentaires pour rattraper ce qui n’a pas été fait. Il n’est pas rare qu’ils fassent appel aux somnifères et aux tranquillisants, au tabac, au café ou à l’alcool, ce qui dégrade un peu leur santé. Le cercle vicieux ne tarde pas à se refermer sur ces personnes en proie au désespoir. Pour finir, défaillances cardiaques, états anxieux, perforations intestinales, dépressions sont tout à coup inévitables. Sont particulièrement sujettes au « burn-out » les personnes ayant une faible estime de soi, car elles ne s’acceptent pas telles qu’elles sont réellement, tout en ayant un grand besoin de considération.

 

Burn-out 24Le concept de « workaholic » est en relation avec le syndrome d’épuisement anxio-dépressif. On qualifie de workaholic quelqu’un qui s’adonne à son travail comme à une drogue, même si d’autres éléments de sa vie en pâtissent beaucoup ou sont complètement négligés. Le feu du travail brûle en lui. Il consume aussi les gens et les choses qu’auparavant il considérait comme important pour lui. A la fin, ce feu s’emparera également de sa propre personnalité et l’anéantira. Pour être consumé, il faut d’abord avoir brûlé. Les workaholics ont brûlé. Ils sont la proie d’une forme de toxicomanie. La drogue doit être toujours à disposition ; quand elle vient à manquer, il y a menace d’effondrement. La drogue du succès et de la considération remplace les relations humaines.

 

« Burn-out » ou « wear-out », c’est-à-dire épuisement anxio-dépressif, sont des termes modernes qui cernent particulièrement bien les lois internes de la situation actuelle : surmultipliées au maximum, les « voitures de courses » - auxquelles les cadres supérieurs peuvent être assimilés – sont lancées sur la piste comme si elles n’avaient à accomplir que cet unique parcours. C’est un fait que l’on ne calcule plus à la mesure de toute vie, mais à celle d’une seule course. Ce qui compte, c’est seulement le chiffre d’affaires de cette année. Ce qui vient après, on n’y pense pas aujourd’hui.

 

Les carriéristes ambitieux qui, parvenu au milieu de la quarantaine ou au début de la cinquantaine, se rendant compte que leur obsession vers l’avant va être définitivement freinée, tandis que l’accès aux sphères suprêmes est devenu illusoire, sont particulièrement guettés par le syndrome anxio-dépressif. S’efforçant de gagner en considération ou d’atteindre quand même l’objectif professionnel visé, ils redoublent d’efforts jusqu’à ce que se tarissent leurs réserves de forces, tandis que s’installe la résignation. Il semble que le fait d’abandonner ou de redéfinir ce qui était un objectif essentiel de l’existence soit l’équivalent d’une douloureuse amputation – une correction de parcours pouvant bien mettre en cause la voie suivie jusqu’ici.

 

Tous ceux qui sont atteints de ce syndrome ont un trait commun : Ils se trouvent dans un état permanent de consommation élevée d’énergie, sans que cette dernière soit suffisamment renouvelée ; c’est un peu comme si la batterie d‘une voiture n’était plus rechargée que par la dynamo, tout en devant fournir des performances de très haut niveau. Tout comme un alcoolique, le wokaholic notoire se charge de tâches jusqu’à n’en plus pouvoir. La démission intérieure succède au « burn-out » et pèse secrètement non seulement sur l’entreprise, mais également sur l’âme. Les jeunes gens frais émoulus de l’Université en sont tout particulièrement menacés.

 

Burn-out 10

 

Permettez-moi de faire un commentaire au sujet de ce qui précède. Depuis mon plus jeune âge (8-9 ans), j’ai régulièrement fait partie de sociétés (fanfare, harmonie, football, athlétisme), de divers comités (fanfare, harmonie, football, lutte) et d’autres associations. Pour quelles raisons ? Simplement parce que depuis toujours j’aime le contact avec les gens, je m’intéresse à l’autre, j’aime aider et transmettre mes connaissances… et j’aime apprendre, me former, me perfectionner ! C’est en moi et j’ai toujours eu ce besoin de communiquer et j’espère que je l’aurai toujours… Toutefois, chaque médaille à son revers ! A force de m’engager et de me donner à fond, à 100%, dans tout, au fil du temps je suis devenu un (ultra) perfectionniste tant sur le plan professionnel que lors de simples loisirs et ce, non seulement avec moi-même, mais également avec les autres. Ce que j’exigeais de moi, je l’attendais des autres en retour (parfois j’ai encore des rechutes… que ceux et celles qui en subissent les conséquences me pardonnent) et à chaque fois je fixais la barre plus haut, encore plus haut, toujours plus haut ; donc cela devenait de plus en plus inaccessible, tant pour moi que pour les autres. Et cela a duré des années avant que je craque pour de bon !

 

A ce propos, Dieu m’a montré un jour une sorte de « vidéo-clip » alors que je regardais un meeting d’athlétisme à la télévision. Il y avait un athlète qui faisait du saut en hauteur. Il faut déjà être à un très haut niveau pour passer 2 mètres 30 sans faire tomber la barre. Pour vous donner une petite idée, le champion du monde de saut en hauteur est le cubain Javier Sotomayor : il a franchi 2 mètres 45 et son record date de 1993… Puis il y a eu une séquence sur le saut à la perche. Sauter plus de 6 mètres, même avec une perche, n’est pas à la portée du premier venu non plus. Alors Dieu m’a montré que je mettais la barre si haut que c’était comme si je voulais concourir au saut à la perche… sans utiliser la perche ! Donc forcément ce n’était pas possible ! Pour la petite histoire, le record du monde de saut à la perche est encore détenu par l’Ukrainien Sergey Bubka avec un bond de 6 mètres 14 réalisé en 1994…

 

Une personne qui est perfectionniste, comme je l’étais, se prend souvent des grandes claques car la perfection est une utopie ! Au début cela peut fonctionner car la barre est mise à une hauteur acceptable. Alors, à chaque fois je mettais la barre un peu plus haut et un jour où l’autre il devenait difficile, puis impossible de franchir l’obstacle ! C’est un échec, puis un deuxième, puis un troisième… cela correspond à une frustration, une deuxième frustration, une troisième frustration… et cela mène tout droit au « burn-out », inéluctablement. Dieu m’a montré de remettre la barre à une hauteur correcte, soit à 80 centimètres… A moi de gérer mes futurs sauts sans retomber dans mes travers. Remarquez, j’ai encore de la marge car lorsque j’avais 15 ans, je sautais 1 mètre 73 selon la méthode de Dick Fosbury, soit le « fosbury-flop » (appui sur son pied droit - ou pied extérieur - en faisant pivoter son corps afin de franchir l'obstacle sur le dos)… Plaisanterie mise à part, depuis mon arrêt de travail en mai 2000, j’a également mis de côté le perfectionnisme. Cela n’a pas été toujours facile et, comme je l’ai déjà dit, il peut y avoir encore quelques rechutes, mais j’ai appris à remettre la barre plus bas, à être conscient de mes limites...

 

Vous venez de lire un bref résumé de mon livre "Consumé par l'intensité de la vie - Burn-out, il y a une issue!" qui est paru en novembre 2006 en Suisse romande, avec l'accord préalable de mon éditeur.

 

Bien à vous !

 

Georges Musy

 

Burn-out livre 01

 

Si vous êtes intéressé(e) par cet ouvrage, vous pouvez le commander à l'adresse suivante :

 

Editions RDF, rue des Fontaines 2, CH-1816 Chailly/Montreux

Tél. +41 21 964 65 01 Internet : www.rdf.ch  e-mail : info@rdf.ch

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