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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 15:32

Ce qui m’est arrivé, en mai 2000, n’est pas un cas isolé dans mon pays, la Suisse. C’est tout d’abord mon corps qui a donné les premiers signaux d’alerte : maux de tête, vertiges, fatigue inhabituelle, troubles du sommeil, hypertension, pertes de mémoire, difficultés à m’exprimer, à réfléchir et à me concentrer...

 

Burn-out 08

 

Quelques mois plus tard, c’est mon psychisme qui a montré des signes de faiblesse : manque de motivation au travail, incapacité à gérer mon temps, à planifier mes tâches, à maîtriser mon stress, etc. J’étais lessivé, je ne supportais plus la foule, les réunions, le contact avec les gens, le bruit. J’étais extrêmement nerveux, je perdais très vite patience et devenais, de ce fait, très facilement irritable. Des petits riens m’agaçaient, me pourrissaient la vie et je devenais impossible à vivre pour ma famille et, après réflexion, je le pense aussi, pour mon entourage direct...

 

Ce rythme a duré environ 3 années, puis le matin du 5 mai 2000, à bout d’arguments face à Noëlle (mon ex-femme) et envers moi-même, j’ai pris le téléphone pour appeler mon médecin généraliste et lui expliquer mon cas… A partir du moment où j’ai eu sa secrétaire au bout du fil et après qu’elle m’ait fixé un rendez-vous pour l’après-midi même suite à ma requête, je me suis effondré sur mon fauteuil, les bras ballants… J’ai mis plus de 45 minutes pour prendre la décision de me lever et monter les quelques marches d’escaliers qui m’amenaient de mon bureau, qui se trouvait alors au sous-sol, à la cuisine, qui était au rez-de-chaussée, et ensuite dire à Noëlle qu’elle devrait m’accompagner chez mon médecin car je me sentais incapable de conduire ! J’avais enfin reconnu et accepté que j’étais au bout du rouleau, reconnu et accepté que j’étais « consumé » par l’intensité de ma vie, et qu’il me fallait du repos.

 

« En Suisse, de plus en plus d’hommes et de femmes paient de leur santé leurs ambitions professionnelles. Ils souffrent d’épuisement, de troubles du sommeil, d’hypertension, de nervosité, de problèmes cardio-vasculaires ou d’impuissance. Sur leur lieu de travail, ils se montrent peu sociables ; ils sont sujets à la dépression, facilement irritables, et ils manquent de confiance en eux. Dans les cas extrêmes, c’est l’infarctus du myocarde, le naufrage dans la drogue ou même la tentative de suicide. Derrière ces symptômes multiples se cache souvent une cause unique : l’épuisement physique et psychique. Des médecins et des psychologues ont choisi le terme « burn-out » pour qualifier ces symptômes – « burn-out » signifiant littéralement « consumé ».

 

 Les personnes qui souffrent d’un « burn-out » ne sont pas « à mettre au vert » pour seulement quelques jours – au contraire, plusieurs mois de pause sont nécessaires.

 

Il arrive souvent que les personnes victimes d’un burn-out soient celles qui doivent diriger un certain nombre de collaborateurs au sein de l’entreprise. Selon des recherches faites sur cette question, c’est précisément le contact avec les collaborateurs qui, entre autres, épuise émotionnellement les managers. Par conséquent, ceux-ci se sentent lessivés, vannés, et, lorsqu’ils sont sollicités en permanence, ils ne parviennent plus à avoir une relation normale avec leurs collègues – qu’ils tendent de plus en plus à considérer comme de simples objets.

Les managers consumés ont tendance à s’isoler de leurs collaborateurs, parce que travailler avec eux leur est un fardeau. Par conséquent, ils développent une indifférence croissante à l’endroit de leurs collègues et ne parviennent plus à communiquer avec eux ou à se mettre à leur place.

 

Burn-out 07Fatalement, le syndrome du burn-out touche principalement des gens extrêmement motivés et enthousiastes. Ils tendent à fixer la barre très haut, parce que des objectifs modestes ne sont pour eux que peu stimulants. Ainsi, ils sous-estiment l’énergie et le temps qui leur seront nécessaires pour atteindre leurs buts et ne se rendent pas compte des chances réelles qu’ils ont d’aboutir. Résultat : l’énergie qu’ils déploient est insuffisante pour atteindre l’objectif visé. Au lieu de se fixer un objectif plus réaliste, les gens motivés travaillent davantage. Ils négligent leur famille, leur cercle d’amis et leurs loisirs – parfois pendant des années. Certains triment jour et nuit sur le prochain projet, avec pour conséquence l’épuisement de leurs réserves physiques et mentales : ils se consument. Ainsi affaiblis, il leur suffit parfois d’un revers de plus pour se retrouver victimes d’une crise cardiaque. Souvent il s’agit d’un divorce ou de la mort d’un proche.

 

En général, ceux qui sont menacés par le burn-out sont des personnes qui sont prêtes à payer le prix fort et à négliger leur vie privée.

 

Peter Vonlanthen, directeur de la Société suisse des employés de commerce (Zurich/Suisse) dit : Si l’on accepte de se noyer dans le travail, on opte pour un suicide à crédit. Tôt au tard, ça finit par un burn-out.

 

Une fois que l’on est consumé, il faut entièrement repenser sa vie pour retrouver du ressort tant sur le plan physique que mental… Ce qui est peut-être encore plus important, c’est de s’interroger sur ses propres valeurs et ses propres buts… Ce qui est déterminant, c’est de garder un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ce n’est pas toujours facile. » (Sélection du Reader’s Digest, février 2003, pages nos 46 à 49)

 

Le diagnostic final de mon deuxième médecin traitant, le 23 juin 2000, conforta mon sentiment d’épuisement total. Je savais que je souffrais de quelque chose de plus grave qu’un « surmenage » et qu’il me faudrait du temps pour me rétablir. Il ne s’agirait pas seulement de quelques semaines de repos, mais de plusieurs mois. A l’époque je me soignais déjà pour l’hypertension en prenant tous les jours un cachet. Là, j’ai dû y ajouter des antidépresseurs et des somnifères alors que je n’étais pas du tout habitué à prendre des médicaments pour un oui ou pour un non.

 

Les symptômes du « burn-out » ont toujours existé, en revanche ce qui est nouveau, c’est qu’ils se propagent à la manière d’une épidémie. Chacun sait que les machines ont besoin d’être examinées, entretenues, nettoyées, revues, afin que leur capacité de production puisse être maintenue et améliorée. Mais que l’être humain nécessite plus de soins pour conserver sa capacité de performance, c’est ce qu’oublient la plupart des gens. Ils s’étonnent quand, brusquement, tous les signaux lumineux se mettent à clignoter, par exemple sous la forme d’un sentiment d’épuisement complet et d’un vide mental, accompagné d’épuisement physique et d’un cortège de symptômes : inhibition (autocensure), anxiété, dépression, insomnie, nervosité, manque d’appétit, manque de concentration, irritabilité, etc. Le syndrome d’épuisement anxio-dépressif chronique est un tableau clinique complexe qui peut entraver massivement, souvent des années durant, la capacité de performance et la qualité de vie des sujets qui en sont atteints.

 

Le « burn-out » est une manifestation symptomatique de la phase tardive de notre société axée sur le rendement, résultat non seulement d’un engrenage de plus en plus puissant, mais aussi d’une déferlante d’informations simultanées que l’on ne parvient plus à traiter. Ce qui frappe en l’occurrence, c’est que les drogués du travail ne se rendent pas compte de leur maladie. Ils se mettent de plus en plus de tâches sur le dos, car il leur faut une provision de travail toujours renouvelée. Leur manière de travailler se caractérise par une précipitation et un manque de concentration de plus en plus marqués. Il en découle des heures supplémentaires pour rattraper ce qui n’a pas été fait. Il n’est pas rare qu’ils fassent appel aux somnifères et aux tranquillisants, au tabac, au café ou à l’alcool, ce qui dégrade un peu leur santé. Le cercle vicieux ne tarde pas à se refermer sur ces personnes en proie au désespoir. Pour finir, défaillances cardiaques, états anxieux, perforations intestinales, dépressions sont tout à coup inévitables. Sont particulièrement sujettes au « burn-out » les personnes ayant une faible estime de soi, car elles ne s’acceptent pas telles qu’elles sont réellement, tout en ayant un grand besoin de considération.

 

Burn-out 05

 

Les carriéristes ambitieux qui, parvenu au milieu de la quarantaine ou au début de la cinquantaine, se rendant compte que leur obsession vers l’avant va être définitivement freinée, tandis que l’accès aux sphères suprêmes est devenu illusoire, sont particulièrement guettés par le syndrome anxio-dépressif. S’efforçant de gagner en considération ou d’atteindre quand même l’objectif professionnel visé, ils redoublent d’efforts jusqu’à ce que se tarissent leurs réserves de forces, tandis que s’installe la résignation. Il semble que le fait d’abandonner ou de redéfinir ce qui était un objectif essentiel de l’existence soit l’équivalent d’une douloureuse amputation – une correction de parcours pouvant bien mettre en cause la voie suivie jusqu’ici.

 

Mon « burn-out » m’a amené à réfléchir au sens que je donnais à ma vie avant mai 2000 et au sens que je donne à ma vie depuis mai 2000. J’ai connu le fameux « bug » de l’an 2000 avec quelques mois de retard. Et pour sortir du cercle vicieux de l’épuisement, il a fallu que je réfléchisse de plus près au vrai sens de ma vie sur cette terre. J’ai du mettre de côté pas mal de préceptes, justes et faux, par rapport aux valeurs et aux idées reçues depuis ma plus tendre enfance. Je vous rassure, je n’ai pas encore totalement terminé, mais je suis en route pour apprendre à ne pas commettre les mêmes erreurs, à ne pas me laisser dépasser ou rattraper par mon passé et à ne plus me laisser polluer mon présent et mon avenir par qui que ce soit ou par quoi que ce soit.

 

Combien de personnes passent à côté de leur vie par ce qu’elles n’ont jamais pris le temps de s’arrêter et de réfléchir au sens de leur vie ? Combien de personnes courent tous les jours sans savoir où elles vont ? Combien de personnes ne savent plus ce qu’elles font et pourquoi elles le font ?

 

Que vous soyez ou pas dans une situation de stress, je vous encourage à prendre du temps pour réfléchir au sens de votre vie aujourd’hui car demain il sera peut-être trop tard.

 

Alors que j’écris ces lignes, plus de onze années se sont écoulées depuis le début de mon « burn-out». Si il y a une chose que je sais à ce jour, c’est que plus rien ne sera jamais comme avant ! Parfois, ce n’est pas facile à admettre, mais c’est une réalité !

 

Bien à vous !

 

Georges Musy

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